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Mercredi 26 mars 2008
Nous voilà enfin à Pointe-Noire. La ville est très différente de Brazza. Plus « européanisée », elle offre aussi quelques clins d'oeil historiques cocasses, comme la gare, qui est la réplique exacte de celle de Deauville en France. La ville, capitale économique du pays est située au bord de l'océan atlantique et est réputée pour ses splendides plages très prisées notamment de surfeurs à certains endroits. Et c'est vrai que c'est beau! A partir du centre-ville, on arrive à la plage en marchant à peine quelques minutes. Là, le paysage qui s'offre aux yeux est somptueux. A cet endroit, l'image qu'offre la ville est cependant biaisée par les énormes villas et hôtels qui font face à l'océan. Ici, de riches particuliers, locaux ou expatriés, se sont fait construire des maisons aux volumes que l'on imagine même pas en Europe. Et comme il n'existe pas de règles urbanistiques (il suffit de payer!), on peut trouver un véritable ranch américain logé à côté d'une hacienda de type espagnol ou encore un immense chalet alpin! Curieusement, rien ne paraît dépareiller ici. Cet incroyable luxe a fait flamber les prix et réserve le quartier aux seuls nantis. Mais la plage appartient à tous et l'on y trouve donc expatriés et congolais, riches et pauvres, petits marchands ambulants, enfants mendiants, paillottes à l'ombre desquelles se réfugier, boire un verre ou manger un bout (brochettes de scampis, crustacés, huîtres, crabes...tout cela est fraîchement pêché et préparé sur place, devant vous, au bord de l'eau)

Pointe-Noire est le véritable poumon économique du pays. On y trouve en effet une richesse énorme du pays: le pétrole. Des dizaines de plate-formes sont exploitées au large des côtes. Cette intense activité, dominée depuis des dizaines d'années par la France, explique en grande partie l'importante communauté d'expatriés présente ici. Les « pétroliers » comme on les appelle ici ont un train de vie qui en ferait rêver plus d'un en Europe. Les grandes compagnies pétrolières sont toutes ici et cela représente un business immense et qui suscite beaucoup de convoitises. Raison pour laquelle Pointe-Noire, en raison des intérêts économiques majeurs qui s'y trouvent, a toujours été calme, stable et n'a pas été touchée par la guerre. La politique s'arrête ici où commence l'économie. Le Congo, ancienne colonie française, est toujours une manne financière importante pour la France. A l'heure actuelle, et bien peu le savent hors des cercles politiques, 40 % du budget de l'état français provient du Congo. 40%!! C'est le Congo qui fait vivre en grande partie la France et personne ne le sait. Et qu'a ce pays en retour?  Injuste...

Ici aussi se côtoient des mondes parallèles: riches occidentaux, congolais aisés et population qui se bat au quotidien pour avancer. Tout ce petit monde coexiste et profite des services mutuels que peut lui apporter l'autre. Les « Blancs » engagent sentinelle, cuisinière, chauffeur,...comme personnel et les congolais inventent une série de petits boulots pour commercer avec celui qui a de l'argent. A côté de cela, et devant cette débauche d'argent, une certaine forme de prostitution s'est aussi développée. De jeunes (et moins jeunes) congolaise cherchent à rencontrer des Blancs qui pourront leur offrir ce qu'elles n'ont pas. On voit ainsi beaucoup de Blancs souvent d'un certain âge avec de très jeunes femmes. C'est aussi une réalité du pays et une réalité qui choque. Mais devant le fossé qui se creuse entre la population et ceux qui ont de l'argent, chacun ici est obligé de se débrouiller et nul ne juge les agissements de chacun. Chacun se débrouille comme il peut mais chacun a ses « petites affaires » pour s'en sortir. C'est d'ailleurs ça qui sauve le congolais et force l'admiration: ce formidable sens de la débrouille, cette capacité à lutter parce qu'il n'y a pas d'autre choix. La déprime ici? Ca n'existe pas! Ici, on ne dit pas qu'on est au chômage, on « fait des affaires ». Admirez la nuance...

A côté de ses plages somptueuses et de son imposant port, Pointe-Noire offre une image riche aussi en sites à découvrir: Pointe-Indienne, les fameuses Gorges de Diosso, une réserve avec des chimpanzés,...nous aurons l'occasion de nous y rendre dans les jours qui viennent. Nous avons déjà bien commencé notre séjour par des étapes gastronomiques plus qu'intéressantes! Hier après-midi, dégustation de fruits de mer sur la plage, le soir, ma tante Noëlle nous amène faire étape au bien-connu restaurant « Chez Gaspard » où nous dégustons de merveilleux poissons grillés! Ce midi, tonton Aimé, la mari de ma tante, vient nous chercher à l'hôtel et nous convie au Cercle naval de Pointe-Noire, un endroit magnifique qui surplombe la mer et offre un panorama somptueux. Nous y dégustons de magnifiques crustacés en discutant business. Tonton Aimé est un important homme d'affaires qui a différentes entreprises au Congo et à Dubaï. Il a beaucoup de réseaux de connaissances d'affaires et veut absolument introduire Jo auprès de certains amis ministres pour développer du business. L'aide est précieuse et revoilà Jo obligé de travailler ;-))  Nous passons en tout cas un merveilleux moment en compagnie de mon oncle qui est passionnant à écouter.

Là, je vous écris de l'hôtel. Jo est un peu malade depuis ce matin et comme il est hypocondriaque, il est persuadé d'avoir la malaria et qu'on va devoir le rapatrier :-)) Tonton pense plutôt qu'il a une grippe et nous a amenés à la pharmacie acheter une batterie de médicaments pour le remettre sur pieds! Je suis sûre qu'il sera rétabli après un peu de repos et rien de tel que le transat au bord d'une piscine pour le motiver :-)

Bisous  à tous

Val


par Joris et Valérie publié dans : Pointe Noire
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Mardi 25 mars 2008
Message personnel à papa Philippe: Nous sortons de chez Gaspard. Nous répétons: nous sortons de chez Gaspard. Digestion en cours. Rien de mieux à dire :-) Vive le likouf!
par Joris et Valérie publié dans : Pointe Noire
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Mardi 25 mars 2008
Val et moi on vous remercie pour tous les messages postés, les sms et les excellentes stats du site. N'hésitez pas à diffuser ce blog. Pas uniquement pour notre ego ;-) mais surtout pour ce pays qui mérite vraiment la meilleure visibilité.

Merci encore

Jo et Val
par Joris et Valérie
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Mardi 25 mars 2008
Mardi 25 mars.

Je parlerai du week-end, somptueux, dans un autre billet, mais je ne peux résister à écrire ce texte maintenant et ici. Nous sommes dans le hall d'embarquement de l'aéroport pour partir à Pointe Noire et l'avion a plus de 2 heures de retard... à cause de la météo. Juste pour info, le ciel est totalement bleu et le soleil brille comme une montre en or de mac rue d'Aerschot à Bruxelles.
Mais, comme me le dit mon voisin dans un grand éclat de rire... C'est ça le Congo!
Un voyageur m'explique que récemment il devait décoller à 8h et qu'il est finalement parti à ... 15 heures. Un autre voyageur lui répond: baaaah, une réunion ça se reporte. On a le temps... C'est ça le Congo!
Jean Charles d'Air Services, la société d'aviation dont Simplice (le mari de Denise) est le gérant,  attend avec nous. C'est son rôle: nous accompagner. C'est ça le Congo.
L'aéroport de Charleroi, ancienne version, est un modèle de modernité à côté de celui de Brazzaville! C'est simple, il n'y a rien, hormis une petite cafétaria, dans le hall d'embarquement. C'est ça aussi le Congo.
La bonne nouvelle, c'est qu'en 2010, un nouvel aéroport verra le jour. Et les plans sont assez ambitieux. Comme le dit Jean Charles, le Congo est un chantier permanent.
Ce qui est marrant, c'est que la plus nerveuse de la salle d'embarquement, c'est Valérie. Moi, à Bruxelles, j'aurais déjà pété un plomb. Ici c'est impossible. D'abord parce que tout le monde est zen et surtout parce qu'il n'y a pas de personnel sur qui s'énerver. C'est ça le Congo.
Tout est à l'avenant (pas d'eau dans les WC...) et pourtant, il n'y a rien à dire, rien à faire. C'est comme ça. Heureusement, on a le PC pour avancer dans le blog, des magazines et un touché-coulé pour passer le temps :-)

Il est 9h. Dans une heure on devrait décoller... Je parie sur un décollage à 13H... Affaire à suivre.

Pointe Noire.
Voilà nous sommes à Pointe Noire. Nous avons pris un hôtel en amoureux au centre ville avec une connexion hyper lente et très chère dans la chambre. L'occasion quand même de vous écrire et d'inaugurer la rubrique "Pointe Noire". Nous y sommes donc...
Que c'est beau, que ça change de Brazzaville aussi. Que ce pays est riche!!!
De longues plages de sable blanc, des payotes où l'on mange du crabe, des huîtres, des brochettes de scampis,... le tout, face à la mer qui roule fortement. Les vagues sont belles. Notre hôtel est au centre ville à 10 minutes de la côte. Il fait plutôt moche ce soir mais à notre arrivée, il faisait très bleu. Le temps sur la côte peut tourner d'un jour à l'autre. On verra comment ça se passe. Mais c'est superbe et imaginez des plages sans digue, sans ressort hotels, sans complexes pour touristes bedonnants (j'allais dire allemands mais Doris lit p'tet :-)))),... voilà c'est notre premier contact avec Ponton la belle.
On est arrivés finalement vers 13H et comment dire... Le retour ne se fera pas avec Mistral qui est tout sauf gagnant (bruit de tambour, saluons la feinte).
On est pris en charge par Tantine Marie Noelle. Ce soir resto et ensuite une douce nuit car on est vraiment fatigués de vivre tout cela. Mais que c'est gai. Demain, j'espère que le soleil sera là et qu'on vivra de belles choses au bord de l'océan.
On vous revient bientôt...

Et on vous embrasse

Joris
PS: toujours rien pour les photos :-(
par Joris et Valérie publié dans : Pointe Noire
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Mardi 25 mars 2008

Aujourd'hui, nous avons passé la journée avec mes cousines, les filles de tantine Thérèse. Celle-ci est la soeur de mon père et elle a sept filles. Elle voulait absolument avoir un garçon et a persévéré sans jamais avoir de garçon! Elle « règne » donc sur une tribu de filles entre 34 et 15 ans! Aujourd'hui, les filles viennent donc nous chercher, Joris et moi pour une sortie-surprise. Installés tous les neuf (Joris le bienheureux et son « harem » de huit femmes!) dans un énorme 4X4, nous prenons la route du nord. Première occasion de sortir de Brazza depuis notre arrivée. Nous traversons trois arrondissements de Brazzaville avant d'arriver à la périphérie et de sortir réellement de la ville. Là, la route est en bon état mais très fréquentée, notamment par tous les brazzavillois qui quittent Brazza pour aller s'aérer le temps de quelques heures hors de la ville.


Sur la route, nous faisons des arrêts pour constituer notre pique-nique. Nous achetons du maboké (spécialité de poisson préparée et cuite dans des feuilles de bananier), du manioc et du porc braisé (gras mais délicieux!), plus des boissons évidemment (indispensable!). Petite halte sur le chemin également pour savourer du vin de palme (boisson alcoolisée de manière naturelle et tirée du palmier). C'est frais, sucré, très bon! Après près d'une heure de route au cours de laquelle nous traversons des panoramas majestueux, nous arrivons sur un très joli site, sorte de petite crique au bord d'une rivière d'eau très claire et bordé de végétation. L'endroit est magnifique et nous faisons aussitôt trempette avant de nous installer pour manger notre pique-nique improvisé au bord de l'eau. Le bonheur. Le soleil est écrasant mais la proximité de la rivière nous gratifie d'un petit air frais bienvenu. On est bien!!!


Les filles décident de partir ensuite pour un autre site, plus animé que ce petit coin de paradis! Du coup, après un épisode très cocasse (le 4X4 est complètement ensablé et nous devons pousser, aidés de pleins de gens venus à la rescousse pour le dégager!!), nous atterrissons au bord d'une super piscine logée discrètement derrière un ensemble de maisons-bungalows assez chics! Faut vraiment connaître l'endroit! Nous y passons le reste de l'après-midi, entre batailles d'eau, siestes, fous rires, bananes grillées et sodas glacés! J'ai une pensée émue pour les pauvres malheureux sous la neige en Belgique ;-)


Après cette journée repos bien plaisante, retour vers Brazza en passant par le quartier de M'Pila que ne connaît pas encore Joris. On y trouve les sites industriels (plusieurs grosses entreprises dont les très fameuses Brasseries du Congo où travaillait papa et qui produisent toutes les boissons du pays: les bières (Primus, Ngok, Mutsig,...) mais aussi les jus (Fanta, Coca etc...les mêmes boissons que chez nous mais avec un goût sucré nettement plus prononcé). Nous passons aussi devant la route qui mène à la résidence présidentielle, partie évidemment gardée et inaccessible. Nous voyons uniquement les villas des membres de la famille du président et d'autres dirigeants qui sont situées à proximité. Petit détour par le centre et arrêt à « La Mandarine », haut lieu de rendez-vous des 'branchés' de la ville: cette pâtisserie-tea room fait des chocolats, glaces, pâtisseries en tous genres mais aussi une multitude de tentations à manger! Tenu par des libanais (une nationalité très présente au Congo et suractive dans le secteur des commerçants), l'endroit ne désemplit jamais. Fréquenté par les européens comme les brazzavillois chic, il a la réputation d'être l'endroit où on mange le mieux (hors restaurant) et est un point de rendez-vous privilégié pour prendre un verre, le petit déj' ou encore acheter des oeufs en chocolat (c'était la ruée en ce week-end de Pâques)!


Je vous reviens dès Pointe Noire... Je laisse Joris poursuivre.


Je vous embrasse


Val


par Joris et Valérie publié dans : Brazzaville
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Mardi 25 mars 2008
On a passé un week-end de rêve.
Samedi, on a visité un général à la retraite qui habite dans l'extrême sud de Brazzaville à la limite avec le Pool. Le Pool est cette fameuse région toujours aux mains d'un groupe de rebelles dirigé par le pasteur Ntumi. Difficile de savoir à qui profite réellement le crime quand on sait que cette situation coupe le Sud du pays du reste du Congo. Et que le Sud du pays est la région de l'opposition (pour faire très simple). En tout cas, ça empêche clairement de profiter de cette partie du pays et c'est dommage pour tous. Par exemple, deux connaissances ont été à Kinkala, le chef-lieu du Pool pour le business et sur la route, ils ont rencontré 4 barrages: un pour prendre un militaire en stop (sic), l'autre pour donner un peu d'argent (resic), l'autre pour donner du pain, le dernier pour de l'argent. 2 de ces barrages étaient tenus par des militaires. 2 par les rebelles Ninja.
Cette situation a pourri complètement la ligne de chemin de fer qui était le poumon économique du pays.
Bref... On s'arrête donc chez le général. J'en ai déjà parlé.  Pareil pour le Djoué.
Dimanche, on a été avec les cousines de Valérie sur la route du Nord. Ces filles sont désorganisées comme Valérie. J'ai beaucoup ri. Notre escapade nature s'est terminée au bord d'une piscine d'un complexe hôtelier. Aaaah les filles...
J'en ai profité pour ronfler, lire et essayer de bronzer. Sans trop de succès.
Dimanche, notre départ en expédition avec Maxime, le capitaine et des amis à lui a sans cesse été reportée. 10H, 11H,... 14H. En effet, il faisait terriblement chaud ce dimanche. Les gens attendent la pluie avec impatience pour rafraichir tout cela. C'était assez lourd. Mais on ne se plaint pas et on vous souhaite de descendre tout schuss les routes de Belgique où, selon certaines sources, il y a 15 centimètres de neige. Joyeux Noël les poulets blancs! :-D
 Finalement, on embarque à 14H... Direction le Nord. On  dépasse rapidement la limite de Brazzaville. Les routes dans le Nord de la ville et vers le Nord du pays sont impeccables. Un bitume lisse et de larges bandes. On apprécie la différence. On monte vers le Nord vers l'île Feignon au large de Brazzaville. On arrive à Kintele où pousse un complexe touristique. Piscine, chambres, night club,... sortent de terre. C'est superbe.
LE fleuve à cet endroit est super large et parsemé d'îles et de bancs de sable. De gros bateaux de pêche tout rouillé passent tandis que des piroguiers relient les îles. Un petit port d'embarquement est dans le complexe. Surprise.... Le pilote du bateau a pris congé car c'est jour férié... Les touristes peuvent toujours essayer à la nage :-) C'est ça aussi le Congo. Un tourisme qui se réduit à sa plus simple expression.
On décide alors de suivre  nos guides vers le village de 45 du nom de l'endroit où a atterri le président Marien Ngouabi en 1972 lors d'un coup d'état à Brazzaville. L'aéroport de la capitale était pris par des rebelles et le président se trouvait à Pointe Noire. Il a pris un petit avion, a atterri dans un village au Nord de Brazzaville, a envoyé un messager en vespa prévenir ses hommes à Brazzaville et, trouvant que son messager mettait trop de temps, a décidé de se rendre à Brazzaville déguisé en paysan vendant du safou (un légume genre avocat). Arrivé à proximité de Brazza, il a croisé une colonne de blindés venant le chercher et est rentré triomphalement à Brazzaville.
Un mémorial lui est dédié où sont gardés l'avion, la vespa et la voiture. Ce mémorial est au milieu de nulle part et est gardé par 3 militaires qui sont là pour 45 jours... La punition suprême dans ce trou perdu.
Bertin, notre guide, nous a amenés dans un village voir un ami à lui. Tout le long de la route, ce sont des paysages sublimes. Genre Auvergne mais en plus beau...
Arrivés au village, on est plongé dans l'Afrique profonde. Cases en terre cuite, autarcie quasi-totale pour ces villageois qui vivent de l'agriculture, de la richesse de la nature (des arbres pouseent partout avec tout ce qu'il faut dessus: bananes, avocats, manioc, mandarines, fruits divers,...) et de la chasse (antilopes et gazelles). On découvre la production complète du manioc. Voir un mundele (un blanc) là bas les surprend vraiment mais l'accueil est vraiment terrible. On prend des photos, on profite, on découvre. Le soleil se couche doucement et il est temps de rentrer à Brazzaville.
Bertin qui fait dans le business possède un 4X4. Ca nous permet d'accéder à des endroits auxquels on aurait pas accès en temps normal. De plus, il nous annonce qu'il va s'occuper de nous le dernier dimanche à Brazzaville. Nous devrions partir à l'aube pour la réserve du Lefini dansle Nord du pays avec un passage par le sanctuaire des gorilles au Lac Bleu. Ce serait vraiment le top pour moi qui rêve d'aller voir cette réserve qu'on dit superbe. Malheureusement, il faudra se contenter des paysages car le braconnage a fait de gros dégâts.
Retour à Brazzaville et découverte des nouveaux bâtiments de la télévision. C'est absolument moderne et très bien fait. C'est le travail des Chinois qui ont emporté quasiment tous les marchés publics de la construction (routes,...)
A notre retour, une bonne bière avec le général et nos amis du dimanche et Docteur Kinz, le tonton Kitsoro passe nous prendre pour une réunion « internet ». On rentre vers 21H... Lessivés... Je m'effondre vers minuit comme une loutre. Valérie est insomniaque. Chacun sa croix ;-)

Là, je vous écris de l'aéroport. En partance pour Pointe Noire... Si Dieu le veut... On a déjà 2 heures de retard. Je serai content si on part avec 3-4 heures de retard. Il n'y a rien d'autre à faire qu'attendre.
A Pointe Noire, le soleil, les poissons grillés, la mer bleue, les plages de rêve devraient nous attendre. Là-bas, repos total, farniente et excursion, je l'espère, vers les Gorges de Diosso. J'aimerais aussi aller vers le Niari mais ça me semble un peu trop loin. Peut-être une autre fois...

Allez, la bonne bise à tous...

Joris
par Joris et Valérie publié dans : Brazzaville
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Mardi 25 mars 2008
Salut les mundele (surnom donné aux blancs ici)!

Nous voici déjà à une semaine passée sur place. Je ne vous cache pas que toute la fatigue des derniers mois a fait surface et que chaque soir, la douceur de la nuit congolaise m'emporte tôt dans les bras de Morphée. Nous continuons à vivre plein de choses et cela toujours dans le cadre d'un accueil royal de la famille du Général et des Kinzounza au sens large. Le soleil est toujours aussi généreux et la pluie s'invite parfois la nuit pour rafraichir l'air. Je donne du « papa », du « maman » à qui mieux mieux et j'ai les yeux qui s'adaptent déjà à l'Afrique en voyant encore mieux les belles facettes et en voyant aussi ce qui va mal. Pour info, « papa » et « maman » sont des termes affectueux qui remplacent le « monsieur » « madame ». Pour faire simple. En fait, c'est une marque de respect. Le Yia signifie l'aîné. Par exemple, certaines personnes appellent Valérie Yia Valérie. Une discussion peut donc ressembler à ceci: papa, ça va? Oui papa merci. Et toi maman? Ca va papa!

Il y a tellement de choses à dire sur les paysages, les rencontres, les discussions que je pense qu'il est impossible de pouvoir être exhaustif. Je préfère dès lors m'attarder sur quelques « détails » qui m'ont marqué.

 La nourriture: je ne vais pas vous gaver avec ça (je me gave tout seul :-)) mais je découvre vraiment des trucs incroyables. En fait, nous ne connaissons en Europe qu'une facette très limitée car les produits doivent être consommés super frais. Poissons aux noms exotiques, graines de courges pilées, viandes originales (que je n'ai pas encore goûtées: antilopes, singes, serpents, crocodiles, chenilles... Il est temps que je m'y mette). C'est réellement délicieux. Gras mais délicieux. Et bien plus subtil qu'on imagine chez nous.
Les marchés: on en trouve partout et de toutes sortes. Tissus, nourritures, « fast food sur le pouce », cartes de téléphone,... La débrouille ici c'est la survie. Nous avons visité le marché Total (du nom de la station essence dans la rue :-)) de Makelekele et franchement là, tu es à 1000000000 km de Bruxelles. A tous points de vue: odeurs, couleurs, architecture, produits, hygiène... Tout d'abord, j'espère que jamais l'Afrique ne sera aseptisé comme nous le sommes avec toutes ces normes européennes, ces chaînes du froid,... Ok, ok l'hygième est importante mais je n'ose imaginer le jour où des technocrates régiront tout cela. Ce sera la fin d'une tradition. Ici, un grand marché couvert accueille des vendeurs venant de tout le pays: poissons encore vivants coupés devant vous (plus frais que cela tu meurs), porc dépecé, légumes en tous genres, épices,... On voit de tout. Prisca nous a servi de guide. A ce sujet, je crois que nous sommes réellement des privilégiés de découvrir (enfin que je découvre) ce pays avec autant d'intégration.
Le tourisme: nada, néant, que dalle. Mais ils sont fous ou quoi???? Dans ce pays, il y a TOUT. Tout, je vous le jure: des gens sublimement gentils, une capitale qui se laisse vivre et je vous parlerai de la côté très prochainement. Sans oublier ,les parcs sauvages dans le nord du pays dans lequel j'espère on pourra monter un peu. Sans parler du Pool inaccessible,... Ce pays s'est coupé du monde et se coupe lui même dans l'intérieur du pays avec des routes déplorables. Même dans la capitale, il y a des endroits qui sont quasi inaccessibles. On a la chance de vivre dans un quartier où vit le fils du président, des ministres,... Les routes sont nickels et belles. Sûrement le hasard... On a été aujourd'hui à la limite du Pool chez un général qui possède une maison détruite par la guerre (personne n'a été épargné) avec un jardin sublime. A une heure de Brazzaville centre, on est en pleine campagne. On a de la nature qui vous saute à la gorge. On a aussi visité les rapides du Djoué, sur le fleuve Congo. Ben voilà... c'est juste beau et sauvage.
Les taxis: en moyenne, un taxi coûte 1 euro 50 pour une course. C'est le moyen de transport qu'utilisent tous les Brazzavillois. Ce sont des centaines, des milliers de taxis qui circulent. En fait, c'est simple, il y a 3 types de véhicules: des 4X4 rutilants, des taxis et des mini-bus. Les véhicules « normaux » de particuliers sont hyper rares. Le taxi, c'est vraiment le truc le plus pratique à Brazzaville.  Du ciel, on voit des minuscules tâches vertes et blanches qui bougent sur les routes. Impressionnant. Même impression quand tu atterris à Pointe Noire mais là les tâches sont bleues et blanches.
Les artisans: j'ai découvert une gamme assez large de produits. De quoi faire de jolis cadeaux. Et aussi de superbes savoir-faire de véritables artisans. On est loin des grands complexes touristiques où on voit des statuettes soi-disant en bois mais en fait en plâtre (j'ai eu le coup au Kenya. Ca vous montre ma connaissance du bois :-D) Encore une fois, ce pays a de l'or entre ses mains. Des bois précieux qui poussent juste pour rire dans les champs (ébène noir, gris,...), une végétation luxuriante même en ville avec des jardins remplis de manguiers qui poussent quand on oublie un noyau par terre (véridique, Brazzaville a la réputation de permettre à un noyau de fruits de faire pousser un arbre sans aucun effort), ...
Le train: j'avais un rêve qui ne se réalisera pas: faire Brazzaville-Pointe Noire par le train. Le voyage est reconnu comme étant sublime mais voilà... Il y a 15 ans ce train était un joyau. Aujourd'hui, c'est une ruine. On a vu un train arriver ce midi. J'ai pris en photo puis j'ai vu une drôle de forme dessus et j'ai eu le bon réflexe: j'ai rangé l'appareil. Le train était un train de marchandises venant de Pointe Noire... Train rempli de militaires en armes. Mitraillettes et tout le bordel... Pas pour rire... En fait, le Pool reste aux mains du pasteur Ntumi, le dernier opposant armé du président Sassou. Tant que la liaison Pointe noire Brazzaville ne sera pas rétablie, le pays restera isolé à tous points de vue. Peut-être que ça arrange bien les Français que Pointe Noire, paradis des expatriés soit isolé du reste du Congo... P'tet... Faut voir qui ça sert...
Le mystique: il n'y a pas de hasard. C'est une phrase très fort entendue ici. Il y a des milliers de choses à dire. La forte présence religieuse, les sorciers, le fétichisme, les esprits, les miracles, les signes, les mondes invisibles,... On ne peut pas ne pas y croire. On peut juste y être hermétique ou indifférent. Car des choses se passent ici. C'est un fait. Pas une légende. Mais voilà, chacun doit se faire son avis. Perso, je n'en ai pas. Agnostique je suis,... Sceptique je reste :-)

Le reste du voyage: plus que 2 semaines et demi. Ca file. C'est fou. Ce dimanche, sortie avec les cousines de Valérie et lundi on part vers le Nord pour une journée pour aller visiter une île près de l'île Mbamou. Ca semble sublime. Mardi matin, on décolle pour Pointe Noire. On sait à quel point ce sera beau. On va se reposer, bronzer... Le soleil: c'est vraiment ensoleillé. La saison des pluies est vraiment la meilleure saison pour visiter le pays. Il fait chaud, beau,... Et pourtant je ne bronze pas trop. En effet, la vie en Afrique se passe surtout à l'ombre car le soleil est vraiment fort. Mais que c'est beau... Je ne sais pas quoi dire d'autre. J'espère revenir un minimum bronzé quand même...
 La famille: c'est fou le sens de la famille ici. Je me sens vraiment comme le fils. D'ailleurs, Max, le capitaine (il est pharmacien militaire j'avais oublié de le préciser) est vraiment un frère. La chaleur de l'Afrique est aussi humaine. J'ai l'impression de les connaître depuis des années et j'ai réellement de l'amour qui naît pour pépé et mémé. Ils ont au fond des yeux la bonté que je trouvais chez mes propres papy et mamy. Je vous jure, ça fait con dans la bouche du  cynique que je suis, mais l'amour ici c'est un truc qui vous prend et vous lâche plus jamais. J'espère vraiment que le pays ne déconnera plus et que nous verrons souvent la famille.
La politique: parlons-en au retour mais je ne m'épancherai pas sur le blog. C'est débile d'incendier les gens au pouvoir ou l'opposition ou la France,.... Sérieusement: ils sont tous responsables. Ce pays mérite de grands projets, il a le potentiel pour être le grenier de l'Afrique à tous les niveaux. Faites des routes, rétablissez les services, développez le business local... En tant que touriste, je ne demande que ça: putain de merde ce pays mérite vraiment tout ça. Les Congolais aussi... Encore un truc, si je trouve le mec qui a pondu ce site immonde qui montre une cahute comme étant l'hôpital central de Brazzaville je lui fais bouffer son clavier, touche par touche. On a visité l'hôpital militaire où est responsable Maxime. Ces gens font des miracles avec des moyens hyper limités. Respect à tous les militaires qui assument cela. Oubliez aussi l'image du méchant militaire armé et belliqueux ... Bon ok, à part ceux qui étaient sur le train :-D
Mundele: le mundele, c'est le blanc. L'Européen. Selon l'intonation de la voix de la personne qui le dit ça peut être affectueux, banal voire franchement raciste. Evidemment, je ne perds pas une occasion pour faire mon malin et me retourner quand j'entends sur un marché « mundele ». Parfois, c'est franchement irritant alors je le dis. J'ai pris le parti de dire que je vis ici. Ca facilite la négociation sur les marchés par exemple. Un mundele n'est pas spécialement un pigeon riche et prétentieux. Je leur enseigne ce truc à coup de bières à l'apéro :-DDDDDD Je rigole....

La bonne bise à tous

Joris dit le Saka Saka bedonnant :-)
par Joris et Valérie publié dans : Brazzaville
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Vendredi 21 mars 2008

Salut les blancs,

Comme Valérie l'a écrit, nous sommes en train de payer la fatigue accumulée les derniers mois et donc j'ai trop la flemme de vous écrire longtemps. Je profite de deux minutes dans un cybercafé qui confond la vitesse de l'adsl avec l'air co. Résultat, c'est lent et il fait à crever de froid. Nou sommes en pleine phase de décompression mais en même temps c'est pas de notre faute: restos, petits plats, apéros, promenades, siestes,... Rien n'est fait pour nous stresser. Honteux je trouve.
Le week-end s'annonce pas trop mal: rapides en dehors de la ville, match de foot, fêtes, baignades dans le fleuve (enfin Val ira se faire bouffer, moi je préfère la moiteur d'un stade de foot qui sent les aisselles) et plein de choses dans la tête: des discussions mystiques sur le bord du fleuve en pleine nuit avec Kinsasha qui nous fait un lightshow, une pièce de théâtre au Centre culturel français, des discussions avec Pépé et Mémé avec le soleil qui se couche sur Makelekele. J'ai pas envie de vous ler dire comme ça mais c'est vraiment top.
uhuhuhuhuhuhuh

Plein de choses aussi à dire en "négatif" sur ce pays injuste et mal géré mais le web est le web et j'ai envie de rentrer :-D
Je ramène des journaux, des revues, et surtout pleins de projets professionnels. On ne se refait pas: je parle boulot tous les jours. Mais ici c'est peut-être l'eldorado pour celui qui ose mouiller son t-shirt.

On vous embrasse et on file car ce soir fiesta. Et aaah ouiioiiiiii, lundi,... On va sur une île au milieu du fleuve... Vous ralez pas? M'en fous, on part mardi à Pointe Noire dans des lagunes sauvages.

Biz les poulets tout blancs

Joris
PS: une petite bière c'est.... 65 cl..... Seb, t'imagines les buffalos congoloais? Les pauvres...

par Joris et Valérie publié dans : Brazzaville
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Vendredi 21 mars 2008


Cela fait maintenant cinq jours que nous sommes là et j'ai l'impression de n'être jamais partie. Nos journées sont bien remplies, à tel point que nous trouvons rarement le temps de faire un saut dans un cyber café. Nous avons pris une puce pour disposer d'un numéro de téléphone local et le gsm n'arrête pas de sonner! Nous sommes invités de toutes parts et il est difficile de refuser toutes ces sollicitations. Après l'excitation des premiers jours, la fatigue (accumulée avant de départ) commence maintenant à se faire sentir. Aujourd'hui, nous avons donc décidé de « buller » un peu au soleil, sur la terrasse ou sous la piscine d'un hôtel du coin, on verra après la sieste!

Ce matin, nous nous sommes rendus à la célèbre école de peinture de Poto-Poto. Il s'agit d'une gigantesque case ouverte où travaillent en permanence une dizaine d'artistes. On y trouve des peintres confirmés mais aussi des débutants qui se forment à cet art très ancré dans la culture congolaise. Ici, tous les courants sont représentés et l'on trouvera aussi bien des oeuvres plus abstraites que des scènes de la vie congolaise ou encore des oeuvres illustrant l'art naïf. Cette école est vraiment un passage obligé pour tout qui visite Brazzaville. Les peintures sont magnifiques et, même si j'ai déjà visité l'école dans le passé, j'y prends le même plaisir car les oeuvres exposées changent en permanence et les artistes que l'on voit travailler également. Pour moi qui adore peindre, c'est également une jolie leçon de voir ces artistes travailler. Loin de tous les clichés, la peinture congolaise s'exprime de bien des manières et le résultat est fascinant. Je suis heureuse de faire découvrir cet aspect à Joris et de le voir autant apprécier. Nous flashons sur deux toiles splendides qui seraient parfaites dans notre salon!

Après l'école de peinture, direction le marché de Poto-Poto. Ah le marché! Véritable institution africaine! Il y en a partout mais ceux de Moungali, Poto-Poto sont les plus importants. Enormes, répartis sur plusieurs rues, on peut tout y trouver et les gens se couperont en quatre pour vous dénicher même ce qu'ils n'ont pas! S'il existe bien sûr des supermarchés ici, l'on préférera malgré tout se rendre au marché pour acheter fruits, légumes, tissus, poissons, etc...Ici, tout se discute et se négocie. Le « moundele » (le Blanc en dialecte) étant perçu comme quelqu'un de riche, les prix doublent d'office quand on nous voit! Il faut donc discuter deux fois plus pour arriver à un bon prix! Evidemment, on fait d'excellentes affaires: ce matin, Jo s'est acheté un pantalon treillis et deux belles chemises pour 13.000 francs CFA soit environ 19 €. Le marché ici est incroyablement vivant. Tout le monde vous harangue et c'est un foisonnement impressionnants d'odeurs et de couleurs!  

En parlant de marché, nous nous sommes rendus hier dans un autre type de marché, qui propose plutôt tout ce qui est artisanat local: vannerie (chaises, paniers en osier,..), boiseries (statuettes, vaisselle, objets décoratifs, jeux,...), bijoux (en malachite ou autres pierres), cuir (portefeuille en croco, chaussures,...) mais aussi objet déco composés en matériaux de récup' (canettes, fils de fer,...). Joris est impressionné par la variété des productions artisanales que l'on peut trouver. Là aussi, il faut négocier le prix mais les objets sont souvent magnifiques!

Je continuerai demain car nous devons filer chez pépé et mémé. On a un week-end chargé qui nous attend. Je vous raconterai. Ce soir, on fait la fête... Dehors car ici il fait chaud :-D

Val

 

par Joris et Valérie publié dans : Brazzaville
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Vendredi 21 mars 2008

A mon tour de prendre enfin la plume pour livrer mes premières impressions! Ces deux premiers jours ont été riches en émotions pour moi. De retour au pays après douze ans! A vrai dire, j'attendais tout autant que j'appréhendais ce moment. Après la guerre qui marqué le pays, j'avais peur des stigmates visibles, peur d'être terriblement touchée par les conséquences comme la misère, des bâtiments criblés de balles,...bref, que mes souvenirs intacts et assez paradisiaques il faut bien le dire, ne se confrontent avec une nouvelle réalité, beaucoup plus dure. Même si je m'y étais préparée, j'appréhendais donc un peu. Mais finalement, rien de tout cela! J'ai retrouvé Brazza telle que je l'avais laissée, à peu de choses près. Mes repères sont toujours là et je navigue dans la ville, les yeux fermés, avec un réel bonheur. Odeurs, couleurs, senteurs, chaleur, humeurs,...j'ai l'impression d'être partie de Brazza hier. Certes, certains endroits dans le centre-ville portent encore les traces de la guerre mais la ville paraît s'être reconstruite rapidement, ce qui rend très fiers les Brazzavillois. En faisant découvrir à Joris 'ma ville', c'est toute une partie de ma vie que je redécouvre aussi et des milliers de souvenirs qui remontent à la surface!

Brazza est toujours aussi verte, les gens toujours aussi gentils et souriants! Bien sûr, les 4X4 rutilants et les villas luxueuses sont bien plus importants qu'avant, l'état de certaines routes et la voirie est déplorable mais finalement, toutes proportions gardées, ce n'est pas pire qu'ailleurs, chaque pays a ses chantiers et sa 'bruxellisation'. La ville est toujours aussi belle à mes yeux, aérée, chaleureuse, vivante!

Les moments les plus émouvants sont bien sûr les retrouvailles avec ma famille. Nous sommes logés dans l'auberge que mon oncle, le Général, a ouverte dans l'une des annexes de sa maison. On y est reçus comme des rois! Tonton s'est mis en tête de nous mettre au "régime spécial + 10 kilos pour le retour"! Résultat: chaque repas ets un festin où on nous sert au minimum trois spécialités et où l'on nous pousse à manger sans cesse! C'est terrible! Délicieuse torture mais va falloir marcher ferme pour éliminer tout ça. Heureusement, leur attention est plus focalisée sur Joris qui ne connaît évidemment pas la nourriture et qui s'en régale, ce qui les réjouit d'autant plus. Le pauvre est gavé de cacahuètes, poissons, bananes, bières,...et quand il n'en peut plus, on lui en donne encore!! Heureusement, il a l'air d'adorer ça au vu de son air épanoui!! Chaque visite à un membre de la famille s'accompagne de bières et cacahuètes, fruits. Impossible de refuser!

Revoir mon pépé et ma mémé a sans doute été le moment le plus fort pour moi. Je ne peux décrire ce que j'ai ressenti mais j'ai tellement d'amour pour ces deux êtres merveilleux que les revoir après toutes les épreuves qu'ils ont traversées, me bouleverse. Pépé est tout calme, je crois que c'est dû à l'émotion! Mémé, elle, est toujours aussi vive, taquine, bavarde! Nous passons les voir tous les jours sinon ils téléphonent sans cesse sous divers prétexte!! Le petit tour dans la famille ne fait que commencer (papa est l'aîné de neuf enfants qui ont à leur tour eu plus de trois enfants donc imaginez...): je veux voir tout le monde et c'est pas évident vu notre agenda!! Sans compter les amis, les activités auxquelles nous sommes conviés et les balades que nous avons prévues ailleurs dans le pays. Trois semaines et demi, c'est beaucoup trop court!!!!!

Mention spéciale à mes cousins Max, Denise et Prisca qui nous 'prennent en main' chaque fois qu'ils le peuvent! Prisca nous déniche tous les petits plats qu'on souhaite, Denise est la McGyver de la famille: besoin de quoi que ce soit? Elle est là, trouve tout, négocie tout! Quant à Max, il s'improvise guide et nous balade dans les endroits que je connais moins, avec une efficacité toute militaire! Par la même occasion, il initie Joris à plein de choses!

Le voyage ne fait que commencer mais ces deux jours augurent déjà de tellement de bonnes choses, c'est fou. J'ai l'impression d'un retour aux sources, à mes racines et finalement, je suis ici comme si je n'étais jamais partie!

Je vous embrasse

Val

par Joris et Valérie publié dans : Brazzaville
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